
Les docteurs Amélia et Vic Jener, parents de Bill, étaient tous deux chirurgiens-dentistes, ils s’étaient connus à la fac et à la fin de leurs études avaient décidé de s’associer et d’ouvrir un cabinet dentaire qui avait très rapidement acquis une excellente réputation.
Certains clients venaient de loin pour bénéficier d’une reconstruction dentaire de qualité et parmi leur clientèle, on comptait aussi de nombreuses célébrités.
La voie de Bill était toute tracée, ses parents avaient toujours pensé que leur fils suivrait le même parcours qu’eux, se trouverait un gentil garçon pendant ses études et qu’à eux deux, ils reprendraient leur suite. Mais Bill le rebelle en avait décidé autrement et c’est ainsi que son bac en poche à dix-huit ans, il avait tenté une fac de psychologie qu'il avait abandonné au bout de six mois. Ses capacités n’étaient pas la cause de cet abandon, mais les études l’ennuyait et ne l’intéressait pas.
Ne supportant pas l’oisiveté, il avait cherché du travail et avait été embauché à la supérette de son quartier. Il n’avait pas cherché la facilité car ce métier était loin d’être simple. C’était un emploi qui nécessitait une grande résistance physique et beaucoup de courage, avec des amplitudes horaires importantes, mais il aimait être au contact de la clientèle qui de son côté l’adorait.
Il y avait retrouvé Marjorie, son amie depuis la primaire et Angeline, qui était dans sa classe au lycée.
Bill se sentait comme un poisson dans l’eau dans la supérette de 250 m2 du quartier résidentiel. Une grande baie vitrée avec des portes à ouverture automatique composait la façade, et le sol en carrelage blanc conférait à l’espace un aspect de propreté, de clarté et de luminosité.
Dès l’entrée, on remarquait un étal de fruits et légumes frais, toujours bien achalandé et coloré, qui trônait au milieu du magasin. A droite de l’entrée, le client avait le choix entre un panier ou un petit caddy afin d’y entreposer ses courses pour pouvoir entreprendre son périple.
Son premier arrêt était le rayon des pains, des pâtisseries, viennoiseries, des sandwichs divers et variés et un réfrigérateur contenant des canettes de soda et des petites bouteilles d’eau y avait été installé.
Ce rayon était très fréquenté le matin, des clients attendant l’ouverture de la supérette pour venir chercher le pain frais et les viennoiseries pour le petit déjeuner. Le midi, on y trouvait en majorité des employés des boutiques alentours et des étudiants qui venaient acheter leur sandwich accompagné d’une boisson fraîche.
Tout était agencé de façon à attirer le client, le rayon des charcuteries cohabitait avec le rayon
boucherie, puis avec celui des laitages sous ses diverses formes. Les étalages se trouvant au milieu du magasin débordaient de produits nécessaires à la vie quotidienne, qu’ils soient alimentaires ou indispensables à l’hygiène corporelle ou encore domestique.
Le fond de la supérette était destiné aux boissons, packs d’eau, jus de fruits, bouteilles de vin et d’alcool. Arrivé à ce stade, le client devait rebrousser chemin pour se rendre aux caisses situées près des portes.
Mais avant d’atteindre ces caisses placées sur la gauche du magasin, de grands congélateurs muraux proposaient un énorme choix de repas cuisinés, de légumes, de viandes et poissons surgelés ou de pizzas souvent choisies par la clientèle plus jeune, pour un repas entre copains.
Les employés accèdaient à la réserve, à leur local de pause qui faisait également office de vestiaire et au bureau du gérant par une grande porte située dans le coin gauche, au fond de la supérette et dissimulée aux regards des clients.
Et dans ce décor, Bill restait Bill, un électron libre qui évoluait dans cet environnement, un peu selon ses envies, et arrivant tous les jours avec 10 minutes de retard minimum. Et comme ses professeurs auparavant, Mr Legrand, le gérant, avait fini par baisser les bras. Ses arguments n’avaient aucun effet sur son employé rebelle et s’il avait licencié Bill, c’était la révolution assurée chez les clients.
Ses collègues l’acceptaient comme il était, car au moindre reproche, Bill devenait une peste. Mais il pouvait compter sur Marjorie qui le défendait toujours, comme lui l’avait fait pendant leurs années d’études. Elle était aussi la seule à pouvoir lui faire des reproches ou le sermonner.
Angeline le laissait faire ce qu’il voulait, l’ayant connu pendant les années lycée, elle savait que Bill était ingérable. Bob lui faisait parfois des réflexions sur son comportement mais le beau brun s’en fichait royalement et lui clouait le bec aussitôt. Rémi, le plus jeune de l'équipe, lui, était en admiration devant sa personnalité hors du commun.
On pouvait donc dire que l’ambiance était bonne entre les employés de la supérette puisque personne ne contrariait Bill.
…
Bill aimait faire la fête, de ce côté là, il n’avait pas changé non plus et tous les samedis, en compagnie de ses amis fidèles, il fréquentait les bars et boîtes de nuit parisiennes et de banlieue proche, où il était plus connu qu’une star de la chanson ou du cinéma.
Le bel androgyne savait parfaitement qu’il vivait dans l’opulence grâce à ses parents et qu’il était un jeune homme privilégié. Le salaire qu’il percevait à la supérette lui servait d’argent de poche en quelque sorte.
…
Le vendredi en question, jour de l’annonce de la suppression des livraisons à domicile, Bill avait été absent. Et pour cause, il avait profité à fond de son week-end de repos en compagnie de ses amis Yoann et Kévin dans un bar gay de la ville. La fête avait été grandiose et bien arrosée.
Il était rentré chez lui accompagné d’un apollon qu’il avait dragué pendant la soirée, l’apollon était reparti le samedi comme convenu car Bill se voulait libre, sans aucune attache.
Épuisé, il avait dormi le reste du week-end, son téléphone éteint. Il n’était donc pas au courant de la décision de Mr Legrand.
Le lundi matin, Bill entra telle une bourrasque de vent dans le magasin avec dix minutes de retard.
"Bonjour mes chéris!" Lança-t-il à la cantonade.
Ses collègues qui s’affairaient à achalander le magasin se figèrent en le voyant. Le beau brun se tenait devant l’étalage de pâtisseries, sa veste en cuir jetée négligemment sur l’épaule, indifférent à l’image sublime qu’il renvoyait.
Vêtu d’un slim argenté, d’un pull noir très fin sous lequel on devinait ses tatouages, il avait agrémenté le tout d’une longue chaîne épaisse en argent et mit ses santiags noires et argent. Son maquillage était parfait, ses yeux pétillaient, ses lèvres étaient glossées. Il était à couper le souffle.
"Marjorie! Tu m’as pris quoi comme gâteaux?"
"Tu viens de louper la livraison donc j’ai pris des pains au chocolat, un sachet de trois, c’est la promo du jour, une part de tarte aux pommes et un croissant, ça te convient?"
"Tu n’as pas pris de pains aux raisins?" Chouina Bill tout en scannant le rayon des yeux.
Bill était accroc aux pâtisseries et viennoiseries, et Marjorie avait la lourde responsabilité de lui choisir ses gâteaux lorsqu’il était absent lors de la livraison et avant que le rayon ne soit dévalisé par les clients.
"Je pensais que c’était suffisant! Si tu arrivais à l’heure aussi!" Maugréa sa collègue.
"Non, non, je veux des pains aux raisins, ils ont l’air délicieux en plus!" Répondit-il sans se préoccuper de la remarque de la petite blonde aux grands yeux bleus.
"Bill! Tu n’es jamais satisfait! Une vraie diva!" Gronda Marjorie.
Bill saisit le sachet contenant les pains aux raisins et fit face à sa collègue préférée.
"Tu vas bien ma chérie?" L’interrogea-t-il en la scrutant d’un air inquiet.
"Et tu as passé un bon week-end Bill?" Rétorqua Marjorie d’un ton sarcastique.
Il ne fit pas attention au ton de sa voix et enchaîna immédiatement, les yeux rêveurs.
"En un seul mot, torride!! Beau mec, bonne baise, très doué ce mec, avec ses mains, avec sa langue…… et je ne te parle pas du reste! Vraiment très doué! Et au fait tu me rappelleras de prendre une bombe de chantilly avant de partir?"
"Encore! Mais tu en as acheté une jeudi !"
"Oui, mais on l’a utilisée samedi, tu sais pour……"
"Stop Bill! Tonna Bob. On ne veut pas connaître les détails de tes parties de jambes en l’air !"
Bill haussa les épaules, fronça les sourcils et se tourna vers Bob qui rangeait consciencieusement l’étal de légumes et fruits frais.
"T’es vraiment un rabat-joie, chéri! Mon pauvre Bob! Elles doivent être bien tristes tes parties de baise!" Répliqua Bill d’un ton moqueur.
Roberto surnommé Bob était un bel homme d’origine espagnole âgé de 28 ans, grand, musclé, le teint mat, les cheveux bruns et des yeux sombres. Marié et père d’un petit bou de chou prénommé Dimitri, l’hispanique, employé-modèle, mettait un point d’honneur à toujours arriver avant l’heure.
Il ne détestait pas Bill mais avait parfois du mal à supporter son franc-parler et ses allusions au sexe. Il lui faisait parfois des remarques désobligeantes auxquelles Bill répondait avec humour la plupart du temps. Mais entre eux, la situation pouvait dégénérer rapidement aussi.
"Moi, je veux savoir!" Cria Angeline du fond du magasin.
Rémi, le dernier arrivé dans l’équipe se contentait d’écouter sans rien dire mais en souriant car il savait que Bob n’aurait jamais le dernier mot avec Bill. Ce petit blond timide aux yeux bleus très clairs avait tout juste dix-neuf ans et adulait le beau brun. Il aurait tellement aimé avoir son charisme, son assurance et même son insolence.
"Mais taisez-vous! Intervint Marjorie maintenant fâchée, le patron est en rendez-vous et toi Bill! Tu ne lis jamais tes messages? Je t’en ai envoyé un vendredi soir, un le samedi, deux le dimanche et aucune réponse!"
"Oups!" Lança l’androgyne reprenant son sérieux.
Il fouilla dans son immense sac de marque offert par sa maman et finit par y trouver son Iphone toujours éteint.
"Désolé chérie, j’ai oublié de le rallumer, c’était important?" Demanda Bill en entourant les épaules de la jolie petite blonde mais au moment même il remarqua l’absence des paniers de livraison.
"Vous n’avez pas préparé les commandes? Mais vous foutez quoi?" Hurla-t-il sans attendre les explications de sa collègue.
Marjorie, à bout de nerfs lui pinça la fesse et lui intima l’ordre de lire les messages. Bill sursauta en poussant un cri d’indignation.
"Mais ça va pas toi aujourd’hui!" Grommela-t-il tout en allumant son téléphone pour consulter sa messagerie.
"QUOI???? NON!!! Dis moi que c’est une blague! Il n’a pas fait ça! Quel enfoiré, je vais lui dire deux mots!"
"Bill! Je viens de dire qu’il est en rendez-vous, tu ne peux pas le déranger! Il a décidé de supprimer les livraisons à domicile, on n’y peut rien!"
"M’en fous! Il va m’entendre, rendez-vous ou pas!" Répliqua Bill furieux en marchant à grands pas vers le bureau du patron.
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Bonne lecture!!
Amandine
J adore
Merci beaucoup:)
Je sens que sa va chauffer pour le directeur
C’était bien parti pour, mais……..;)
Merci pour ton comm:)
J’aime ce chapitre ^^
Merci beaucoup:D
Exposition finie on va pouvoir rentrer dans l’action^^
Et bien évidement ça donne encore plus envie d’avoir la suite, trop hâte >< Muses et bisous
Oui, tu as raison et j’espère que la suite te plaira;)
Merci pour ton comm:)
Bisous
J’aime bcp cette nouvelle fic j’ai hâte de rentrer dans le vif du sujet 🙂
Merci beaucoup, ça me fait plaisir:D
A bientôt pour la suite et merci pour ton comm
cc merci pour ce nouveau chapitre vivement la suite ……
Et merci à toi:D
La suite dans 15 jours, à bientôt et merci pour ton comm
Toujours pas de Tom à l’horizon mais je sens qu’il ne va plus tarder 🙂
Sinon ce chapitre plein de bonne humeur clos visiblement l’introduction de ta fiction. Les personnages sont bien définis, le lieu principal aussi; l’action peut démarrer ^^
Bill au boulot est aussi délirant que ce à quoi je m’attendais et son côté « ma vie est assurée grâce à mes parents mais je me comporte pas en gosse de riche et je sais rester simple avec les clients » est très agréable et change des fic où il est bien souvent une diva dans le mauvais sens du terme (Lovelybibi pas taper !!! tu finit toujours par le transformer en agneau quand tu démarre tes fics avec un billou imbu de lui même !)
Breef next chapter now 🙂
Bien vu!! Tom va faire son entrée et je suis très contente que tu aimes « mon Bill » gosse de riche mais qui reste modeste envers la clientèle!
Mais Bill garde son côté diva pour ses amis!!
Merci pour ton comm et… au chapitre suivant:)
Je vois que dans cette fiction Bill est aussi un tombeur, mais même avec ça c’est pas du tout le même genre de personnage que dans Attraction, j’aime bien ça change 🙂 Je sens que le patron va se prendre une bonne engueulée :p
Les personnages n’ont pas le même âge non plus. Dans cette fiction, ils évoluent dans le monde du travail et oui, Bill était bien parti pour hurler sur son patron mais il va vite changer d’avis en entrant dans le bureau;)
Merci pour ton comm:)