
Tom et Douglas discutèrent encore, rattrapant le temps passé si loin l'un de l'autre en attendant Bill pour souper, ce qui ne tarda pas. Tout était prêt, il n’avait plus qu’à mettre les pieds sous la table.
"Alors, ce fameux fournisseur? Il a rappelé?" Demanda Douglas avec curiosité.
"Oui! En fait, il n’avait soit disant pas percuté que j’étais négociateur pour un groupement d’achats, bon, je le crois moyen, ou alors c’est que je m’exprime mal! Le résultat est qu’il m’a proposé des prix défiant toute concurrence!"
"Bravo bébé, tu es le meilleur!" Le félicita Tom en le prenant dans ses bras pour le cajoler.
Douglas les regardait en souriant. Pas de doute, ils étaient faits l’un pour l’autre. Leurs yeux s’illuminaient lorsqu’ils étaient ensemble, on pouvait voir tout l’amour qu’ils se portaient mutuellement et il adorait les petits surnoms qu’ils se donnaient. Il était ravi de voir son fils rebondir, de ne pas rester sur un échec, surtout qu’il n’en valait pas la peine cet abruti d’Éric! Oui! Son fils avait raison de demander en mariage ce garçon merveilleux, courageux et plein d’entrain!
"Mais dis moi, ça sent drôlement bon!" Remarqua le brun, humant l’odeur alléchante qui avait envahi l’appartement.
"C’est mon père qui a cuisiné, c’est du poulet basquaise, tu aimes?"
"Tomi! j’aime le poulet cuisiné sous toutes ses formes, tu le sais bien! Et il a fait un gâteau aussi?" Chuchota Bill.
"Un gâteau au chocolat, ça te convient?" Rigola Tom.
"Douglas, vous êtes mon héros!" Certifia Bill à un Douglas hilare.
La soirée se passa dans la bonne humeur et le bel androgyne repartit chez lui, laissant le père et le fils en tête à tête, emportant avec lui une part de gâteau au chocolat.
…
Le lendemain, Bill se mit en quête de ses cadeaux de Noël. Il acheta des cigares pour son père, c’était un choix sûr. Mr Jener, étant collectionneur, possédait une cave à cigares dont il était très fier. Il commanda une très jolie composition de fleurs pour sa mère, et entra dans la boutique St Laurent où il choisit une magnifique montre en or pour son Tomi. Il rigola en se remémorant la proposition de Marjorie lorsqu’il avait sollicité son avis pour une idée de cadeau.
"Ben toi Bill! Nu entouré d’un ruban! Je suis sûr qu’il apprécierait!"
Il n’avait pas à se soucier du cadeau de Douglas car avec Tom et ses parents, ils s’étaient cotisés pour lui offrir une collection très rare de livres sur l’épicerie fine et Mme Jener s’en était chargée, grâce à ses relations.
…
Le jour du réveillon arriva, Tom décida de fermer Good Day à 13 heures et offrit un panier-cadeau à ses employés qui le remercièrent chaleureusement.
À 20 heures Tom et Douglas sonnaient chez Bill, celui-ci ouvrit la porte, tout souriant, et Tom faillit défaillir. Le bel androgyne scintillait de partout, de son pantalon noir moulant pailleté à son long pull noir transparent, également pailleté qui lui collait au corps. Il avait même rajouté des paillettes dans ses longs cheveux ébène. Il donnait l’illusion d’être irréel et Douglas était béat d’admiration devant une telle apparition.
"Tu es splendide Bill!" Confirma-t-il.
"Moui… je veux être plus beau que le sapin de Noël de ma mère!"
Ils arrivèrent chez les Jener et Amélia et Vic les accueillirent avec enthousiasme, les invitant à entrer rapidement pour ôter leurs manteaux et se mettre au chaud. Dehors, la température était glaciale.
Amélia portait un tailleur pantalon Chanel rouge et des escarpins Louboutin noirs avec un dégradé de rouge. Ses longs cheveux noirs ramenés en chignon sur la nuque et les diamants accrochés au lobe de ses oreilles, scintillant au moindre de ses mouvements, lui conféraient une allure princière. Tom fut époustouflé par la ressemblance qui existait entre la mère et son fils.
"Tu es très belle, maman! Je ne connais pas ces escarpins!" Remarqua Bill, appréciant la tenue chic de sa mère.
"C’est le cadeau de Noël de ton père!"
"Il ne devrait pas se trouver sous le sapin?" Lui reprocha son fils.
"Peut être! Mais j’en avais besoin pour compléter ma tenue!" Répliqua Amélia en embrassant tendrement son fils et s’extasiant sur la composition florale.
Vic, qui se tenait à ses côtés, avait enfilé un gilet en cachemire rouge sans manches signé Dior sur sa chemise blanche.
"Et avant que tu me fasses une réflexion, c’est le cadeau de ta mère, mais j’en avais besoin pour compléter ma tenue!
Tout le monde éclata de rire et après les présentations, les invités suivirent les Jener au salon. Ils furent subjugués par la décoration rouge et or de cette pièce chaleureuse. Leur regard fut immédiatement attiré par le sapin décoré de guirlandes et boules rouges et or, qui trônait dans un coin du salon.
Un feu de bois crépitait joyeusement dans la grande cheminée sur laquelle Mme Jener avait disposé une multitude de petites bougies rouges sur un socle or. Des branches de sapin dorées agrémentées de petites boules rouges remplissaient les vases posés sur les meubles. Une musique d’ambiance diffusait des chants de Noël en boucle. C’était évident, les hôtes de cette fabuleuse demeure adoraient cette fête.
Ils déposèrent leurs cadeaux au pied du sapin à côté de ceux qui s’y trouvaient déjà.
"Ce sapin est absolument magnifique!" Constata Tom qui admirait la décoration exclusivement rouge et or du sapin.
"Tu vois! Tu le trouves plus beau que moi!" Chouina le beau brun.
Tom interrogea Amélia du regard et celle-ci hocha la tête en souriant. Il décrocha une guirlande or du sapin pour l’enrouler autour du cou de Bill à la façon d’une écharpe.
"Non bébé, c’est toi le plus beau!"
Celui-ci lui rendit un sourire éblouissant, Tom le rapprocha de lui et ils rejoignirent leurs parents, prenant possession du fauteuil libre, près de l’âtre, se collant l’un à l’autre en soupirant d’aise. Ils n’avaient pas eu beaucoup de moments intimes ces derniers jours, à cause du travail, et la proximité, les câlins, les bisous, leur manquaient cruellement. Leurs parents bavardaient comme s’ils étaient amis de longue date.
"Oui! Bien sûr! Nous connaissons ce quartier! Nous possédons une villa à Pornic et nous y passons de nombreux week-ends, ainsi qu’une partie de nos vacances d’été. En général nous fermons le cabinet pendant un mois, nous partons une dizaine de jours à l’étranger et le reste du temps nous le passons en Bretagne." Raconta Vic.
"Dans quelle rue se trouvait votre épicerie? Place St Pierre? Mais oui! On connaît!"
"On s’est sans doute déjà rencontrés! Pornic ne se trouve qu’à une cinquantaine de kilomètres de Nantes."
"Vous avez toujours vécu à Nantes?" S’enquit Amélia.
"Oui, mes parents y sont venus en vacances et sont tombés amoureux de cette région. Ils ont vendu leurs biens immobiliers en Angleterre et se sont installés à Nantes. Mon père y a acheté une boutique dans laquelle on ne trouvait que des produits anglais, puis, plus tard, je l’ai modifiée en épicerie fine. J’avais tout de même conservé un rayon destiné aux spécialités anglaises! Bien entendu! Je ne renie pas mes origines." Expliqua Douglas en riant.
Tom observait son père. Cela faisait un moment qu’il ne l’avait plus vu rire autant. Il le retrouvait comme auparavant, la joie irradiant son visage, heureux de vivre, à l’aise parmi ces gens pourtant inconnus une heure auparavant.
"Il va bien Tomi, puisque tu vas bien!" Murmura Bill qui avait suivi le regard de Tom sur son père.
Tom sourit à son beau brun et se pencha vers lui pour l’embrasser.
Amélia amena le grand plateau sur lequel elle posa les flûtes à liseré or et le plateau contenant de nombreux toasts. Vic s’occupa de remplir les verres de champagne.
"Le contact avec la clientèle ne vous manque pas?"
"J’ai fait ce choix, donc non, je ne regrette pas, et j’ai toujours gardé le contact avec mes anciens clients qui à force sont devenus des amis! J’ai aussi gardé d’excellentes relations avec les petits artisans qui fabriquent encore à petite échelle des spécialités ou des recettes oubliées!"
Puis Amélia les invita à passer à table. Dans la salle à manger, sur la grande table recouverte d’une nappe rouge, les grandes et petites assiettes rouges au fond blanc, entourées d’un fin liseré or, étaient posées sur des sous assiettes or. Des verres en cristal bordés d’un liseré or, des couverts, des bougeoirs et des bougies or complétaient la décoration. Et pour parfaire le décor, Mme Jener avait disposé de toutes petites boites cadeaux de couleur or décorées de rubans rouges.
Les invités restèrent sans voix lorsqu’ils découvrirent cette table de fête somptueuse.
"Félicitations Amélia, vous avez du passer beaucoup de temps à décorer votre maison!" Constata Douglas admiratif devant la table.
"Merci Douglas, c’est une de mes passions! Chaque année, j’achète tous les magazines de décoration de Noël, je m’y inspire et j’adapte en fonction des modes. Ensuite je fais les boutiques où je passe un temps fou à choisir mes décorations, puis à tout installer, et j’avoue que cette année, moi aussi, je trouve le résultat plutôt satisfaisant."
Les invités étaient installés, Amélia aidée de son fils, servit les entrées froides, des tranches de foie gras sur des tranches de pain de mie toastées, accompagnées d’une salade de mâche légèrement assaisonnée.
"Et pendant ce temps là, devinez qui s’occupe de ses clients?" Ironisa Vic.
"Et qui s’occupe de tes clients quand tu décides d’aller jouer au golf avec Maître Krose?" Rétorqua aussitôt Amélia.
"Bon vous n’allez pas commencer à vous chamailler pour les clients de l’un ou de l’autre, vous deux! Tom et moi n’avons même pas eu le temps de décorer un petit sapin pour égayer le bureau, tellement il y avait de travail au magasin!" Maugréa l’androgyne.
"Quand vous êtes vous décidé à vendre votre commerce, Douglas?" Reprit Vic.
"Malheureusement, la fréquentation de l’épicerie commençait à diminuer fortement.
Internet propose beaucoup de produits fins à coût réduit, les rayons des supermarchés également, donc j’ai préféré vendre! C’était le moment idéal, je n’avais pas encore subi de pertes importantes, et mon fils avait décidé de créer son enseigne. "
"C’est insensé! c’est tellement agréable de se laisser guider par un professionnel! Mais dans ce cas je comprend votre choix."
Amélia et Vic étaient surpris, ils ne comprenaient pas le choix des consommateurs. Amélia fréquentait assidûment les épiceries fines, elle adorait l’ambiance, la diversité des produits, le soin apporté à leur présentation, les mosaïques d’épices de couleurs et d’odeurs différentes. Effectivement, elle avait déjà remarqué ce genre de rayon dans les supermarchés mais elle préférait discuter recettes de cuisine avec son épicier et découvrir le savoir faire des artisans-producteurs, être conseillée sur le choix des épices à utiliser pour rehausser la saveur des plats qu’elle cuisinait. Au supermarché, les prix étaient certes beaucoup moins élevés mais il n’y avait personne pour dialoguer et répondre aux multiples questions qu’elle pouvait poser à son épicier. Mais elle savait aussi qu’elle avait les moyens financiers que d’autres clients n’avaient pas.
Et, au delà de ça, ils avaient en face d’eux un homme responsable qui était conscient que sa profession disparaitrait au fil du temps et qui avait agi sagement, en investissant dans le projet de son fils. Peut être pas si sage, pensait Vic, car le projet de Tom était risqué mais on se rendait compte que Douglas avait foi en son fils.
"Oui, vous avez cette réaction parce que vous aimez les bons produits, et les conseils utiles. Mais tout le monde ne réagit pas comme vous! Pourtant, on ne vend pas une confiture précieuse sans engager la conversation qui s’impose!"
"Mais Tom! Tu aurais pu reprendre le commerce de ton père et le transformer!" S’exclama Amélia.
"Ah non! Tu ne te rends pas compte! Je ne l’aurais jamais connu, s’il était resté à Nantes!" S’offusqua Bill.
"Oui, c’est vrai, j’avais oublié mon fils dans l’histoire!" Le taquina Amélia.
"Ben merci, c’est sympa pour moi!" Râla l’androgyne.
"Bébé! Ta mère te fais enrager! Tu sais très bien qu’on était fait pour se rencontrer! Ici ou ailleurs!"
"Et toc!" Acquiesça Bill en tirant la langue à sa mère.
Tout le monde éclata de rire et Amélia réclama l’aide de son fils pour servir les entrées chaudes, des vols au vent au ris de veau et suprême de volaille, agrémentés d’une sauce à la truffe et de petits légumes. Vic avait prévu du champagne pour accompagner le repas et la conversation était animée.
"Et pourquoi vouloir créer une enseigne? Les enseignes sont déjà tellement nombreuses! C’est risqué!"
"Pas plus que d’ouvrir un cabinet dentaire dans une ville où il y en a déjà une dizaine ou plus!" Répliqua vivement Tom.
"Oui, mais sommes les meilleurs Tom!" Rigola Vic.
"Mais Tom est le meilleur aussi!" Riposta aussitôt Bill.
Douglas écoutait attentivement, il ne comptait plus le nombre de fois où quelqu’un avait reproché à son fils de s’entêter à vouloir créer son enseigne alors qu’il aurait pu exercer en tant que directeur d’un hypermarché. Mais Tom n’envisageait pas le métier sous cet angle. Il n’avait pas choisi de faire des études dans l’école de commerce la plus réputée pour travailler pour une quelconque enseigne toute sa vie, il voulait la sienne! Et maintenant qu’il avait trouvé en plus le partenaire idéal, qui l’aidait et s’investissait dans son projet, il était certain que Tom réussirait à imposer ses Good Day.
"Bon, je vois que je n’aurais pas le dernier mot! Je crois que mon fils est ton plus grand fan! Donc je t’écoute Tom!"
"Alors oui, vous avez raison, je sais que c’est risqué, mais je me suis formé pour ça!
Et c’est un rêve d’enfant, très tôt j’ai voulu intégrer une école de commerce et je n’ai jamais changé d’avis! Vivre dans le milieu de l’épicerie et voir mon père s’investir dans le travail qu’il adorait m’a beaucoup aidé aussi. En sortant d’HEC, j’ai été directeur d’un hypermarché mais j’ai toujours gardé à l’esprit qu’un jour je créerai ma propre enseigne avec l’objectif d’en faire une chaîne."
Vic sourit en hochant la tête, son ami Krose avait vu juste. Le petit ami de son fils était extrêmement brillant et intelligent. Il possédait effectivement les bases solides pour mener à bien son ambitieux projet, en plus, il avait insufflé sa passion à sa diva de fils.
"Ah oui! Tu as effectivement les capacités pour! Et tu as de l’ambition Tom! Mon fils a pourtant vécu dans un cabinet dentaire mais cela ne l’a pas incité à en faire de même!" Intervint Amélia d’un air narquois.
"Maman! Mais qu’est ce que tu as ce soir? Tu n’arrêtes pas de me chercher!"
"Mais pas du tout, mon chéri! Je constate simplement que tu as bien choisi ton petit ami, il est très beau et très intelligent!" Poursuivit Amélia, les yeux pétillants de malice.
"Papa! Fais la taire s’il te plaît!"
"C’est impossible, mon fils! Pourtant, j’essaye depuis des années!"
"Ben voilà! Tu comprends maintenant pourquoi je suis gay?"
Une explosion de rire accueillit la réflexion de l’androgyne qui croisa les bras sur son torse, en lançant un regard de reproche à Amélia.
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Merci à vous de me lire.
Je vous souhaite un bon week end ensoleillé.
Amandine.
cc merci pour ce nouveau chapitre j’adore vivement la suite ,je me lasse pas de la lire et relire ……
Merci à toi, ça me fait réellement très plaisir:)
Merci pour le week end ensoleillé,c’est vraiment agréable ce temps , ça sent les vacances… J’ai adoré ce chapitre tout comme j’adore Noel et la déco ! ca fait chaud au coeur de les voir en famille: j’imagine bien Bill en sapin de Noel!!! lol leurs parents sont très touchants: Douglas est très fier de son fils, Tom a de la chance de l’avoir. J’attends de faire la connaissance de sa mère pour le mariage???? et surtout j’attends la remise des cadeaux: Séquence émotion en vue….
La remise des cadeaux c’est la semaine prochaine:)
Tu as raison, Douglas est fier de la réussite de Tom mais il est aussi rassuré que son fils soit de nouveau amoureux et heureux, et oui, les parents de Bill sont soulagés de voir que leur fils se calme enfin et assume de nouvelles responsabilités.
Oh! le mariage! tu vois loin Julianne!!!
Merci pour ton comm et à bientôt:)
Coucou ! Chapitre très mignon . Écrire un chapitre de Noël en plein mois de juin c’est pas mal 🙂 Bon rencontre tranquille entre les parents et ils sont d’accord sur une chose , Bill et Tom sont vraiment des âmes sœurs . D’après ce que j’ai compris , les parents de Bill sont très aisés , je comprend mieux son petit côté diva en fait . Bonne semaine , à dans 15 jours . Pars tu en vacances au fait ?? Bisous
Lol!! Noël en été n’est peut être pas très approprié mais je n’avais pas le choix non plus, la fiction débute en octobre donc…
Oui, les parents de Bill sont effectivement très aisés, d’ailleurs Bill ne manque de rien, il a décidé de lâcher ses études et de travailler parce qu’il ne supporte pas l’oisiveté et sa paye lui sert d’argent de poche, en quelque sorte.
Et pas de vacances pour moi cet été.
Bisous Léa et merci pour ton comm:)