
Les vents étaient froids et puissants, et leur petite embarcation bien que rapide semblait ridicule face à ce brise glace géant. Dressé devant eux tel un navire de guerre. Sa sirène retentit dans un bruit monstre pour les faire dégager de la route dans cette zone de la Baltique, à un millier de miles du port d'Helsinki où ils avaient déjà tenté de l'aborder.
Ce brise glace était affrété pour aider au forage d'une plate forme pétrolière en Arctique. Ils étaient six ce matin pour aborder le Nordica, six pour empêcher les fonds marins d'être à nouveau ravagé.
Six pour sauver un peu de cette nature qui nous est tant vitale.
Un gros groupe, des banques.. l'économie qui pille les ressources naturelles pour quelques beaux billets verts. Pour un peu plus de confort de vie.
Cette plate forme était construite dans une partie du monde qui en hiver serait complètement inaccessible et aucune procédure d'urgence ne pourrait sauver les fonds marins d'une catastrophe inévitable, parce-qu'il y a toujours une catastrophe 2 ans, 10 ans ou 50 ans plus tard. Et des victimes aussi.
Toutes ces espèces de poissons qui disparaissaient et ces océans dépeuplés qu'ils abandonnaient aux futures générations, Dago refusait de simplement contempler le désastre, il avait toujours refusé l'injustice: ces gens qui meurent de faim à cause de spéculateurs raflant des milliards de dollars en jouant sur le prix des matières premières, ces sociétés débordant de richesse et gâchant nourriture et matériel le dégoutaient.
Il voulait rendre ce monde meilleur en dénonçant tout ce système qui allait de travers quitte à en payer le prix fort, seule la justice importait.
Pas celles des tribunaux où les puissants siégeaient. Non. Mais celle plus forte du peuple et de l'opinion publique qu'il s'efforçait à informer, informer vraiment sans filtres, juste des faits réels.
Dago était un homme bourré de convictions et de générosité, il n'avait pas hésité à sauter dans un avion direction le Darfour pour montrer au monde la misère des gens là bas, il n'avait pas hésité au-delà de son métier de journaliste à vider son compte en banque pour sauver quelques enfants.
Alors quand son amie Abby lui avait proposé de couvrir l'événement en lui expliquant que cette plate forme ne respectait aucune norme de sécurité de base et qu'en plus était construite sur un éco système plus que fragile, il n'avait pas hésité. Pas une seconde.
Sans réfléchir, il s'était décidé à leur donner un coup de main: il était donc prêt à escalader ce monstre de métal avec tout l'équipement nécessaire pour défendre ses convictions. Ses yeux bruns foncés fixèrent son camarade et d'un saut il s'accrocha à la coque. Et mètre après mètre il gravit l'immense navire. Abby juste derrière lui.
Et un autre de leur allié filmait la scène, sûr que demain les médias allaient faire tourner l'info à travers le monde, surement qu'ils auraient quelques problèmes avec les autorités et un sourire se dessina sur ses lèvres fines alors qu'il accrochait enfin le bord. Il se hissa à l'intérieur et de là haut contempla quelques secondes l'immensité devant lui: cette mer paraissait si pure et calme d'ici.
Il ferait un article de plusieurs pages et l'enverrait à tout ses contacts, en général on le publiait dans plusieurs pays, certains l'admiraient, admiraient sa passion et son équité sans faille.
Il ne tirait ni gloire, ni fierté de tout ça, il considérait ces actions comme citoyennes, comme son devoir.
Il aida Abby puis ils grimpèrent jusqu'au pont supérieur, tentèrent d'atteindre la salle des machines mais l'équipage les rattrapa avant.
Ils capitulèrent, leur but n'était pas de se battre ou de détruire quoi que ce soit, juste de faire passer un message.
…
Un gradé de la douane américaine vérifiait ses papiers alors qu'il le fixait calmement. Le douanier soupira.
Douanier:" Mr Ribéra, il y a tellement de sujets sur lesquels informer la population sans vous mettre dans l'illégalité!"
Dago serein:" Est ce que vous cautionnez les marées noires? Les forages dans certaines zones protégées? Et si moi je me tais alors qui informera les gens du danger?"
Douanier haussant les épaules:" Je vous comprends mais je vais devoir vous garder cette nuit et demain un avion vous reconduira au Brésil."
Dago se laissa tomber en arrière sur la chaise dure du centre où on le retenait. Il s'en fichait. Il reviendrait autant de fois qu'il le devrait. Ni la police, ni le danger ne le feraient renoncer!
Dago" Et mes amis?"
Douanier:" Seront jugés par la justice américaine mais je ne pense pas qu'ils risquent autre chose qu'une grosse amende."
Il hocha la tête, Abby ne supporterait jamais la prison.
…
Il fut accueilli un peu en héros dans le bar où il trainait habituellement. Le soleil frappait fort et ça faisait un sacré décalage de température avec les glaces de l'Arctique. Il se posa et Carlos, le propriétaire lui offrit une bière.
Carlos parlant du petit téléviseur accroché dans un coin:" Tu avais de l'allure tu sais!"
Dago:" Merci Carlos!"
Il sortit son porte feuille et un petit sourire triste orna son visage. Son seul et unique regret…
Une femme souriante avec un bébé endormi dans ses bras.
"Mon fils …"
effectivement il est venu et Dago va prendre une certaine place dans la suite et ca me plait que tua ies une vision positive de lui.
et oui Bill tient de son père
Oula alors l’enlèvement de Bill, un Tom qui fait peur et une apparition de Papa Bill ? C’est trop pour mon petit cœur là ! :p