CHAPITRE 301
test photo:

Cabinet Bayer, Wolliner Straße 1, 10435 Berlin, Allemagne
Un homme de grande taille vêtu d'un costume gris et d'une chemise bleue taillée sur mesure fixait une enveloppe épaisse d'un air agacé. Il avait la trentaine, et était victime d'une calvitie précoce qu'il soignait avec des tonnes de produits inefficaces car son front se dégarnissait de façon irréversible donnant une vue parfaite sur ses yeux marrons plissés de mécontentement.
Peter Junggeburth exerçait son métier depuis 10 ans et était doué, très doué, il avait été repéré et embauché dans le plus prestigieux cabinet de Berlin et sa vie lui plaisait. Il pouvait se vanter d'avoir un salaire à 6 chiffres et aimait plaider au tribunal. Et les médias s'intéressaient raisonnablement à lui, lui apportant une sorte de pouvoir et Peter aimait le pouvoir. Sa notoriété rejaillissait positivement sur le cabinet et il était sûr de bientôt devenir un des associés principaux et il pressentait que ce jour était proche. Il était reconnu dans la haute société pour son talent que certains lui enviaient, il avait cet esprit vif, cette conviction profonde, ce charisme qui renversait un jury à sa cause.
Quand il n'était pas au bureau ou au tribunal, Peter choyait sa femme qu'il aimait par-dessous tout: ils attendaient un bébé. En résumé, Peter vivait un conte de fée.
Il décrocha son téléphone et sa secrétaire accourut.
"Maria, pourquoi cette lettre a-t-elle été envoyée par la poste et surtout pourquoi est-elle revenue?"
Il se souvenait encore de ce jour il y a des années où un homme de bonne carrure avait fit irruption ici. Un homme rongé par les remords, Peter avait rarement vu une conscience si torturée. Il l'avait reçu et pour une somme astronomique le client avait fait rédiger cette lettre et l'avait confiée à leur cabinet. Les instructions étaient simples: sa femme devait la recevoir après sa mort, en mains propres.
"C'est important, il faut que vous la lui remettiez en personne! Je veux que quelqu'un de ce cabinet lui donne, c'est vital! Des vies dépendent de cette lettre!" avait insisté l'homme.
Il avait répété ces instructions une bonne dizaine de fois durant la demi heure qu'avait duré l'entretien et Peter avait trouvé exagéré cette excessivité. Mais l'homme avait payé une fortune pour s'assurer que ses conditions seraient respectées et il s'était adressé au bon endroit. Peter était un homme de parole et doté d'un professionnalisme sans faille alors il comprenait mal que de un cette enveloppe soit souillée d'un tampon de la société DHL et de deux qu'elle soit revenue.
La jeune femme se sentit stupide sur le pas de la porte. Ses joues rosirent et sa voix timide tenta une explication.
Son patron lui avait confié cette mission mais cette adresse était à l'autre bout de la ville, elle l'avait donc postée en prenant le service le plus cher, avec suivi, assurance et toutes les autres options disponibles pour être certaine que la précieuse arriverait à destination.
Elle s'était de toutes évidences trompée.
"Je suis désolée Mr Junggeburth, je n'avais pas le te.."
"Taisez vous et apportez moi un café!" la coupa-t-il d'un ton sévère.
La jeune femme s'éclipsa, elle était belle, et portait un tailleur beige et des escarpins vertigineux comme toutes les secrétaires de ce bâtiment. Peter soupira, il fallait vraiment qu'il se charge de tout!
Maria revint quelques minutes après avec un café avec deux sucres et une pointe de lait, elle souffla un coup pour se donner du courage avant de le déposer sur le bureau de son patron. Elle avait une bonne place ici extrêmement bien payée avec des tonnes d'avantages, et elle avait merdé.
"Je suis désolée." Souffla Maria imaginant que les conséquences seraient terribles;
"Trouvez l'adresse de cette femme: Judith Kaulitz."ordonna Peter en lui tendant la lettre, "c'est votre priorité!"
**************
JE COMMENTE
la la la la
la la coucou les amis comment allez vous ?